Chronique : Les biais cognitifs, l’illusion du ressenti par Mehdi Abid
Auteur : - Publié le 09/06/2026 à 13h09En shiatsu, l’accent est souvent mis sur l'écoute tactile et l'intuition. Si cette approche favorise la connexion avec le receveur, elle ouvre aussi grande la porte aux biais cognitifs. Dans cet article, Mehdi vous propose d'explorer quelques exemples concrets. Nous y décodons ces mécanismes invisibles et proposons des outils pratiques pour instaurer une véritable hygiène de décision.

Sujet abordé succinctement dans l’article “Shiatsu - une approche thérapeutique ?”, cet article a pour objet de l'approfondir.
Nous savons que le toucher est subjectif, mais nous oublions souvent à quel point certains mécanismes peuvent manipuler nos sensations et nos prises de décisions.
Cet article explore quelques biais cognitifs. À travers des exemples concrets, nous décodons ces mécanismes invisibles et proposons des outils pratiques pour instaurer une véritable hygiène de décision.
Définition : qu’est ce qu’un biais cognitif ?
Issu des sciences cognitives, le biais cognitif est un mécanisme de la pensée qui altère notre jugement et notre traitement de l’information.Il provoque inconsciemment des erreurs de perception, d’interprétation ou d’évaluation.
Il faut le distinguer de l’heuristique (de jugement). L’heuristique est un raccourci mental légitime et efficace qui permet à notre cerveau de prendre des décisions rapides ; c’est la source de ce que nous appelons l'intuition. Le biais, quant à lui, est une dérive de ce raccourci : c'est la situation où la vitesse de décision se paye par une erreur logique.
Pourquoi s’intéresser aux biais cognitifs dans notre pratique ?
En shiatsu, l’accent est souvent mis sur l'écoute tactile et l'intuition. Si cette approche favorise la connexion avec le receveur, elle ouvre aussi grande la porte aux biais cognitifs.
Paradoxalement, l'expérience du praticien accentue ce risque : plus nous gagnons en compétences, plus nous automatisons notre pratique et faisons confiance à notre intuition, devenant ainsi plus vulnérables aux conclusions hâtives.
En séance, ces mécanismes inconscients nous poussent à interpréter les effets du shiatsu à travers le prisme de nos propres attentes, croyances ou habitudes. Un biais peut par exemple nous conduire à :
- surestimer l'impact relaxant d'une manœuvre,
- projeter nos propres tensions sur le client, ou
- valider un protocole par simple fidélité à notre formation initiale, plutôt que de nous en tenir aux faits objectifs.
Focus - Les biais appliqués à notre pratique
Voici quelques exemples de biais communs en shiatsu. Vous trouverez en fin d’article une liste plus exhaustive (plus de 200 ont été recensés !).
L'illusion de causalité et le biais d'autocomplaisance :
Ces deux biais avancent main dans la main et touchent au cœur de notre posture professionnelle.
L’illusion de causalité (ou corrélation illusoire) consiste à percevoir un lien de cause à effet entre deux événements, alors que ce lien n'existe pas ou reste minime. En soin, c’est la tendance :
à croire que parce que le client se sent mieux après la séance, c'est forcément grâce au shiatsu.
à effectuer des liens de causalités simplistes entre les tensions d’une personne et leur mode de vie / un événement sans pouvoir correctement évaluer cette influence.
Exemple :
Si un receveur constate une baisse de ses tensions trois jours après un rendez-vous, est-ce l'effet mécanique des pressions ? L'évolution naturelle de sa fatigue ? Un changement de literie ? Un week-end reposant ? Sans groupe de contrôle, il est impossible de l'affirmer avec certitude. Le bien-être est multifactoriel et difficile à mesurer.
Une douleur à la nuque est interprétée comme étant causée par un brusque changement de température. L'apparition d'une tension installée au réveil dépend souvent bien plus du manque de sommeil de la nuit passée, d'une accumulation de fatigue nerveuse sur plusieurs semaines…
Le biais d'autocomplaisance pousse cette illusion un cran plus loin en y ajoutant de l'ego : nous avons tendance à nous attribuer la paternité des réussites, tout en rejetant la responsabilité des échecs sur des facteurs extérieurs ou sur la personne elle-même.
Les risques :
Une fausse confiance en soi en s'appropriant le succès d'une séance, ce qui freine la remise en question et l'évolution de nos compétences.
La culpabilisation du receveur ou de son environnement lorsque les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous ("Le client ne sait pas lâcher prise", "Il ne fait pas d'efforts dans son hygiène de vie").
Favoriser l’ancrage de fausses croyances qui pourraient chroniciser l'inconfort du client ou altérer sa perception de son propre corps
Comment tempérer ces biais ?
Adopter une posture plus neutre. En se considérant comme un accompagnateur plutôt que comme l'unique auteur du changement, on se détache du besoin de performance. Cela permet d'accueillir les retours (positifs comme négatifs) avec beaucoup plus de neutralité et de justesse.
Le praticien doit s'abstenir de formuler des explications causales simplistes ("votre douleur à X est due à Y"). Il peut par contre proposer une vision multifactorielle et évolutive de la problématique. En comprenant que son corps réagit à un ensemble de facteurs (fatigue, hydratation, stress, mouvement), le client comprend aussi qu'il suffit d'en bouger quelques-uns pour amorcer un changement positif.
Le concept d'évolution naturelle (régression vers la moyenne) : Beaucoup d'inconforts passagers (comme une raideur musculaire après un effort ou une période de stress, sensation de brûlure…) culminent, puis diminuent naturellement tout seuls. Si le client vient nous voir au moment où la tension est maximale, elle allait de toute façon baisser. C'est un excellent exemple de corrélation illusoire.
L'effet Dunning-Kruger (ou biais de surconfiance) : Le piège de la fausse maîtrise
Ce biais met en lumière un paradoxe de la cognition humaine : moins on possède de compétences dans un domaine précis, plus on a tendance à surestimer ses capacités. Autrement dit, une connaissance superficielle empêche souvent de réaliser l’ampleur de sa propre ignorance.
Le mécanisme : En shiatsu, parce que notre approche globale s'intéresse à l'humain dans toutes ses dimensions (physique, émotionnelle, posturale), nous effleurons de nombreuses disciplines connexes. Le risque est alors de s'approprier des concepts théoriques issus de la masso-kinésithérapie, de la psychologie, de la nutrition ou de la médecine, sans posséder la formation complète, sérieuse et réglementée qui va avec.
Exemple :
Un praticien lit un article de vulgarisation sur les fascias ou la gestion du stress par la respiration. Fort de cette seule lecture, il commence à dispenser des conseils de rééducation posturale ou des consultations de gestion des traumatismes émotionnels pendant ses séances de bien-être.
Les risques :
L'illusion de compétence et la sortie de cadre : Ce biais pousse le praticien à s'aventurer hors de son champ d'action initial — la relaxation, la détente et le confort — pour investir des terrains d'expertise qu'il ne maîtrise pas.
Des conseils inadaptés ou contre-productifs : Transmettre des notions parcellaires peut induire le receveur en erreur, polluer sa prise en charge par les professionnels de santé, ou altérer la qualité de l'accompagnement en dispersant l'attention du praticien.
Comment tempérer ce biais ?
Cultiver l'humilité disciplinaire et savoir orienter. Reconnaître les limites de nos compétences ne dévalue pas le shiatsu, bien au contraire : cela le valorise. Notre expertise réside dans la qualité du toucher, la présence, le relâchement des tensions et le confort global de la personne, ici et maintenant. Face à des problématiques qui dépassent son cadre de pratique, le praticien sait s'arrêter et dire : « Ce sujet sort de mon champ de compétences, je vous invite à consulter un spécialiste. »
Le biais de désirabilité sociale (ou effet de courtoisie) : Le piège de la politesse
Ce biais repose sur le besoin naturel d'approbation sociale : le receveur veut être un « bon client » et le praticien veut être perçu comme un « bon professionnel ». En séance de bien-être, cette dynamique peut gravement fausser la communication et masquer le ressenti réel du client.
Le mécanisme : Par peur de déranger, de paraître difficile ou de froisser le praticien, le client va adapter ses réponses et ses réactions pour correspondre à ce qu'il pense qu'on attend de lui, plutôt que de verbaliser son inconfort.
Exemple :
À la fin de la séance, à la question : « Est-ce que cela vous a fait du bien ? », le client répond chaleureusement par l'affirmative pour être poli, même si son ressenti réel est très mitigé ou que la pression était trop forte.
Les risques :
Une fausse lecture des signaux : Le praticien valide une technique ou une intensité de pression inadaptée, pensant sincèrement avoir fait du bien.
La rupture silencieuse : Un client insatisfait mais poli ne dira rien pendant la séance, mais il ne reprendra simplement jamais rendez-vous.
L'altération de la communication non-verbale : Le client peut consciemment réprimer un réflexe de crispation pour "faire plaisir" au praticien, rendant l'écoute tactile trompeuse.
Comment tempérer ce biais ?
Poser des questions ouvertes et permissives. Au lieu de demander : « Est-ce que ça va ? » ou « Ça vous fait du bien ? » (qui incitent à répondre oui), privilégiez des formulations qui normalisent le retour négatif. Par exemple : « Comment est la pression ici ? Préférez-vous que j'allège ou que j'accentue ? » ou encore « Dites-moi sans hésiter si une position ou une pression inconfortable demande à être ajustée. ». On donne ainsi explicitement la permission d'interrompre le geste.
Le praticien gagne à adopter une posture d'écoute active.
Le biais de projection : Le piège du « massage miroir »
Le biais de projection consiste à croire que les autres partagent automatiquement nos propres goûts, ressentis, sensibilités ou états émotionnels dans une situation donnée. En shiatsu, ce mécanisme se manifeste dès la phase d'apprentissage, lorsque nous mettons notre propre corps en référence de ce qu’est une « bonne pression » ou un « bon shiatsu ».
Le mécanisme : Au lieu d'écouter les besoins spécifiques de la personne, notre cerveau projette sur elle nos propres préférences, nos craintes ou nos tensions du moment. Le risque est alors de proposer une séance qui répond aux besoins conscients ou inconscients du praticien, et non à ceux du receveur.
Exemple :
Si vous, en tant que praticien, avez une hypersensibilité au niveau des cervicales et détestez que l'on insiste sur cette zone car cela vous rend nerveux, vous risquez inconsciemment d'éviter ou d'écourter le travail du cou chez votre client pour le « préserver », alors qu’il ressent peut-être une raideur importante à cet endroit et espérait un long relâchement de cette zone. À l'inverse, si vous adorez les pressions extrêmement fortes sur les mollets, vous aurez tendance à appliquer cette force par défaut sur tout le monde, en pensant sincèrement faire le bien.
Les risques :
L'inconfort ou l'insatisfaction du receveur : En passant complètement à côté de l'altérité et de la diversité des profils.
La confusion des rôles : Prêter ses propres émotions ou problématiques au client.
Comment tempérer ce biais ?
Encore et toujours : la communication. Ne supposez jamais que votre sensibilité est la norme. Pour briser ce biais, systématisez la validation verbale et tactile, en particulier sur les zones clés (nuque, ventre, cage thoracique…) : « Quel est votre ressenti face à ce rythme ? », « Est-ce que cette intensité de pression correspond à ce que vous recherchez aujourd'hui ? ». Votre boîte à outils technique doit aussi être suffisamment riche pour s'adapter au receveur.
Conclusion : Comment se protéger de nos propres biais ?
Nul n'est exempt de biais cognitifs, et vouloir s'en débarrasser totalement est une illusion. Parce qu’ils sont systématiques, notre cerveau cherchera toujours la facilité, la confirmation ou ce qui flatte notre ego.
Dès lors, comment intégrer cela sans paralyser notre pratique ?
C’est avant tout une affaire de positionnement et d'hygiène de décision. Prendre conscience des biais est une première étape indispensable, mais elle ne suffit pas.
Je vous propose quelques pistes de travail à intégrer dans nos cabinets :
1. Développer la communication avec le receveur
Pour rapprocher la réalité vécue par le client de notre propre interprétation, la communication doit être rigoureuse :
Favoriser l’écoute active et la reformulation neutre tout au long de la séance.
Utiliser un vocabulaire descriptif simple plutôt que des concepts flous qui ouvrent la porte aux projections.
Solliciter un retour précis et transparent (en posant des questions ouvertes ou avec toutes les réponses possibles) pour ajuster notre toucher en fonction de ses besoins réels, offrant ainsi le choix au client d’avoir un rôle plus actif.
2. Ralentir le jugement et modérer l’intuition
L’intuition est un outil de travail, pas un outil de prise de décision. Face au corps du receveur, apprenons à :
Examiner méthodiquement un maximum d'indices tangibles au lieu de nous arrêter à notre première impression.
Chercher les incohérences et les contradictions dans notre propre observation.
Prendre le temps d'analyser le contexte global avant de poser une conclusion hâtive, en pondérant chaque information selon son importance réelle.
Éviter d’exprimer systématiquement son jugement ou son interprétation.
3. Faire un travail sur l’ego et cultiver l'humilité du résultat
Une grande partie de nos erreurs de jugement découle d'une surestimation de nos capacités.
Il ne s’agit pas de minimiser nos compétences, mais d’accepter que le bien-être est multifactoriel. Le shiatsu est un bel outil, mais il s'inscrit aux côtés du contexte de vie du client (individuel, social, sociétal…)
Gardons à l'esprit le poids des mécanismes psychologiques, des effets contextuels (placebo) et des cycles d'évolution naturelle du corps.
4. S'appuyer sur le collectif et sur le consensus scientifique
A l’image d’autres professions qui s’appuient sur des moments d’échanges et de retours d’expériences, il peut être bénéfique de :
Rechercher la contradiction en échangeant régulièrement avec des confrères aux approches variées.
Discuter de sujets complexes ou atypiques en groupe d’analyse des pratiques pour confronter nos certitudes et explorer des alternatives à nos habitudes de pratique.
Il est important également de se référer au consensus scientifique et aux données actuelles de la recherche (en masso-kinésithérapie, neurosciences du toucher ou psychologie). Cela nous offre un ancrage solide pour valider ou réorienter nos pratiques et nous évite de nous enfermer dans des théories personnelles ou des croyances obsolètes.
L’auteur :
Mehdi Abid est praticien et enseignant en yin shiatsu, installé à Strasbourg. Ancien praticien à l’Akahigedo de Tokyo. Il promeut une approche pragmatique du shiatsu. Fondé sur la pratique, l’état des connaissances scientifiques actuelles et ancré dans la réalité corporelle.
Merci à Arnaud Klein et Damien Bénis pour la relecture.
ANNEXE I : Glossaire de quelques biais applicables au Shiatsu
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Les biais de perception et d'évaluation |
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Le biais de confirmation d'hypothèse |
Un des principaux biais. Tendance à ne retenir que les informations ou ressentis tactiles qui confirment nos croyances préalables, tout en ignorant activement les signaux qui les infirment. |
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L'effet d'ancrage |
Tendance à rester figé sur la toute première impression. Si le premier contact palpatoire sur le dos semble très rigide, le praticien peut rester bloqué sur cette idée de "fermeté globale" et ne pas percevoir les zones de relâchement qui apparaissent pourtant au fil de la séance. |
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Le biais de contraste |
Altération de l'évaluation par comparaison immédiate. Après avoir accompagné une personne très tendue, le receveur suivant (qui présente des tensions modérées) pourra sembler "mou" ou "totalement détendu", faussant ainsi l'ajustement initial de notre pression. |
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Le biais sensori-moteur |
Le biais sensori-moteur : Propre aux disciplines du toucher. C'est le risque de se fier exclusivement aux informations perçues par notre propre palpation pour cartographier le corps de l'autre, en oubliant que notre propre état de fatigue, la position de nos doigts ou notre propre tension musculaire modifient directement le signal perçu. |
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Le biais de stéréotype (ou étiquetage) |
Grille de lecture inconsciente liée au profil du receveur (âge, genre, poids, catégorie sociale). Par exemple, attribuer systématiquement les tensions d'une femme au "stress" ou à la charge mentale, sans envisager des causes mécaniques ou posturales indépendantes de ce cliché. Ou attribuer à une personne “noire” ou “asiatique” plus de résistance à la pression et à la douleur. |
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Le biais du survivant |
Illusion statistique basée sur les clients visibles. En tant que professionnels, nous évaluons souvent notre efficacité à travers les retours des clients satisfaits qui reviennent régulièrement au cabinet. Ce biais consiste à oublier que ceux pour qui la séance n'a pas été concluante ne reviennent tout simplement pas, et ne nous donneront jamais le feedback négatif nécessaire à notre amélioration. |
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Les biais de la relation et de la communication |
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L'illusion de transparence |
Tendance à surestimer à quel point nos états internes (intentions, bienveillance, calme) sont évidents pour l'autre. Le praticien peut penser que le client "sent" parfaitement sa bienveillance / son intension à travers son toucher. |
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L'effet d'attente (Receveur) |
Distorsion du ressenti en fonction des prérequis mentaux du client. Si ce dernier s'attend à un massage exclusivement "tonique", il pourra percevoir une pression modérée (pourtant juste) comme insuffisante, ou interpréter un geste fluide comme inefficace simplement parce qu'il ne correspond pas à son schéma de départ. |
ANNEXE II : Références pour approfondir
Ressources en ligne :
Kinefact - Les Biais au cabinet
Cris et chuchotements médicaux - 25 (redoutables) biais cognitifs en médecine
Rhumatos - Les biais émotionnels et les biais cognitifs en médecine
Shortcog - Guide pratique des biais cognitifs
Ouvrages de références :
Daniel Kahneman, Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée, Flammarion. (L'ouvrage de référence).
Richard Monvoisin & Nicolas Pinsault, Tout ce que vous n'avez jamais voulu savoir sur les thérapies manuelles, Presses Universitaires de Grenoble. (Essentiel pour une approche basée sur les preuves en massage et travail corporel).
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